Voilà la suite de l’article » Valeur d’un site e-commerce « du 15 juillet 2011…
Tout d’abord un grand merci à tous pour vos témoignages par mail, téléphone et sur le blog. J’étais pas le 1er à écrire un article sur le sujet, mais c’est toujours bien de compléter avec son expérience.
Cet article est disons, un article intermédiaire… Car le prochain article sur le sujet va détonner !!! Mais qui dit contenu, dit travail d’investigation important. Je suis en train de réunir plusieurs témoignages de personnes qui ont vendu et surtout qui on acheté un site. Plusieurs expériences, plusieurs parcours de 1 euro le site à plus de XXX XXX euros ! Bref de quoi faire : analyser les réussites et échecs de chacun. Si vous souhaitez participer à ce billet via votre expérience, ne pas hésiter, j’ai déjà 4 témoignages/expériences intéressantes mais plus il y a d’exemples plus nous apprenons ( possibilité de témoigner anonymement si vous ne souhaitez pas communiquer sur le nom de la boutique vendue ou le montant de la vente…) Je vous propose donc une interview par mail ou par téléphone et validation du texte avant parution.
Suite au 1er article sur la valeur d’un site internet, j’ai eu plusieurs questions, qui viennent donc compléter l’article. En voici quelques unes :
– C’est quoi le mieux ? un notaire ou un avocat et qui doit payer les frais ?
Les deux sont compétents… idéalement, le vendeur et l’acheteur peuvent prendre le même mais ce n’est pas conseillé. Chacun doit défendre ses intérêts. Une partie des honoraires est libre, donc ne pas hésiter à demander le prix de la prestation, car les différences peuvent être énormes. Les frais liés à l’achat/la vente du site sont en théorie à la charge de l’acheteur, sauf si vous prenez votre avocat, il peut facturer en plus les conseils qui seront donc à votre charge. Pour l’acheteur du fond de commerce, il y a des frais de mutation qui est un pourcentage sur le montant de la vente.
- L’achat d’un fond de commerce est l’unique solution ? ou y a t-il d’autres moyens légaux ?
Il est possible également d’acheter/vendre un site internet en faisant une cession de parts sociales. Dans ce cas, c’est l’achat d’une entreprise qui possède le fond de commerce. Ce qui règle l’achat/valeur du stock, car vous achetez tout ( ordinateur, stock, etc…) Il faut être encore plus prudent dans ce cas, car en achetant la société ( type Sarl, SA, etc…) vous héritez également des dettes si il y en a. En fonction du montant de la transaction, il vaut mieux faire un audit comptable/financier de la société avant de l’acheter afin de vérifier si il n’y a pas de pièges… Une dette fournisseur oubliée ou autre… Les banques ne sont pas friandes de ce type de transaction, car elles sont risquées quand il n’y a pas d’historique important. Et parfois, je pense qu’il vaut mieux partir sur de nouvelles bases. Mais ce type d’achat est intéressant si vous êtes proche de la retraite ( genre 4 ou 5 ans ( la chance
) ) Car avant de partir en retraite pour croiser vos doigts de pieds sur la plage… vous pourrez peut être revendre le fond de commerce après l’avoir développer sans payer de plus value… Donc à étudier.
Il est possible également de faire une location vente, qui est très risquée pour le vendeur… Car c’est lui « qui fait le banquier. » Vous louez votre fond de commerce contre un loyer mensuel, si au terme des X années l’acheteur a payé l’ensemble des loyers, il devient propriétaire du fond de commerce. Après enquête, c’est de moins en moins fréquent en France. Car le risque est de voir son site internet mal géré, un chiffre d’affaire qui chute, mois après mois… Ce moyen est plus souvent utilisé lorsque la cession est réalisée dans une même famille.
Petite astuce comptable également, mais il faut avoir confiance, c’est de facturé une partie ou la totalité du stock le jour de la vente et encaisser les règlements mensuellement ou trimestriellement. A savoir que vous devez payer la TVA pour le mois de la facturation (pour le vendeur), mais si vous avez confiance, cela aide le repreneur qui étale ses règlements… Ce qui lui permet de mettre son apport sur le fond de commerce et non sur le stock qui n’est pas financé par la banque. Mais une fois de plus, vous faites la banque…
Faut-il prévoir une chute du chiffre d’affaire après la vente ? et si les chiffes annoncés sont faux ?
Il est vrai qu’à la reprise d’un fond de commerce « physique » il y a une baisse du CA à court terme, cela se vérifie dans 4 cas sur 5 si le repreneur continue dans la même voie. Dans un commerce traditionnel, il y a toujours une clientèle « coup de coeur » qui aime venir dépenser son argent car il y a le côté affectif avec la gérance, surtout dans la restauration… Et le jour ou c’est un petit jeune qui reprend, le chiffre diminue à court terme, car le « nouveau » ne connaît pas aussi bien les produits que Monsieur X qui tenait la boutique depuis 20 ans… Sans parler des commerçants malhonnêtes qui prennent la décision de vendre 2 ou 3 ans avant de l’annoncer… Qui pendant ce temps ne déclare pas tout le chiffre d’affaire, pour le réinjecter les deux dernières années et pour vous vendre une affaire qui « progresse » depuis plusieurs mois/années. Et dans la réalité, ce n’est pas le cas. Ils se basent sur des chiffres prévisionnels qui sont faux. Heureusement, ce n’est pas possible sur internet, au niveau des chiffres et du « black » en tout cas. De plus, lors de la vente d’un fond de commerce, il faut fournir les bilans comptables des exercices précédents et il y a un engagement sur les chiffres. Donc si il y a triche, vous pouvez en théorie la dénoncer si vous pouvez le prouver. Il peut y avoir par contre une baisse de CA si vous êtes moins actif que l’ancienne gérance : Si celui qui vous à vendu le site passe ses journées sur Facebook, Twitter et compagnie, avec des mailings canons chaque semaine/mois si vous ne continuez pas, vous allez forcément perdre du CA. Il faut vérifier également si il y a un budget consacré ou non à la pub ( type adwords…) et si vous souhaitez le continuer. Lorsque nous avons repris Jolidragon avec Géraldine, nous n’avons pas eu de mauvaise surprise. Que ce soit au niveau chiffres ou autre.
La plus grande difficulté peut être et d’avoir le bilan comptable de l’exercice en cours : l’exercice comptable de douze mois qui se termine le 31 décembre, si vous êtes acheteur fin septembre, le bilan sortira en février/mars voir plus tard. Donc la visibilité est difficile sur l’exercice en cours…ce qui n’est pas un point positif quand la croissance est importante, surtout si vous souhaitez financer le rachat. Une situation comptable est payante et ne se fait pas en 24H…Vous pouvez demander une attestation certifiée du chiffre d’affaire, mais cela ne va pas confirmer la rentabilité ou non. Vous pouvez demander également une situation de compte bancaire, mais si il y a des traites fournisseurs au 30 du mois, le chiffre ne sera pas forcément parlant.
Si ça marche pourquoi il vend ? il y a forcément un piège ?
Non pas forcément, c’est souvent des entrepreneurs qui vendent car ils ont d’autres projets ou simplement l’envie de faire autre chose. Quand j’ai vendu/pris des associés pour mon 1er site, la 1ere raison de la vente était l’envie de faire autre chose, car j’avais atteint mes objectifs. J’étais partis de pas grand chose en 2006 et en 2009, 95% de mon temps était synonyme de : gérer les mails, les échanges, les appels téléphonique, préparer les colis, etc… Pourtant j’avais embauché une personne en CDI pour m’aider, mais après quelques mois de formation/d’activité elle en avait marre de faire toujours la même chose… No comment.
Bref au niveau de la partie « entreprendre » je n’avais plus le temps, j’avais une boutique qui était rentable, des clients satisfaits, de la trésorerie pour le stock, leader dans mon domaine, j’avais tout sauf du temps. Je ne prenais plus mon pied dans le travail et c’est pour cette raison que j’avais vendu. Sans piège !
Souvent en France, il y a cession pour deux grandes raisons : la retraite ou l’échec. Avec internet de nombreux entrepreneurs se lancent. Et après quelques années, quand ils ont atteint leurs objectifs, leur grande motivation est de créer ou reprendre autre chose. Se lancer de nouveaux challenges avec l’argent de la vente, des moyens plus important. Je parlais donc des sites rentables…
Pour les autres, c’est le manque de trésorerie, internet c’est long pour démarrer, la 1ere année surtout ( voir les trois 1ere…) le CA est faible ( en général même si il y a toujours des exceptions…) mais en étant réaliste, vous ne pouvez que très rarement vous dégager un salaire la 1ere année. L’objectif est de développer l’offre, le stock et donc les ventes. Sans oublier le référencement… Acquérir une clientèle, la fidéliser et lui proposer toujours des nouveautés, ce qui a un prix et chose que vous ne pouvez acheter : le temps pour le faire. De nombreux sites sont à vendre pour ces raisons. Le site existe depuis un an ou deux, le chiffre d’affaire commence à être honorable mais le gérant se dégage difficilement un salaire et parfois il a une seconde activité pour survivre… J’ai connu cela, travailler comme serveur l’été à Sarlat de midi à une heure du matin pour payer le loyer…Le vendeur n’a pas les moyens pour développer son site ( financièrement ou humainement) et souhaite donc récupérer sa mise de départ et un petit bonus pour les X mois/années de travail ou tout simplement ne pas voir mourir son site en le vendant ( ou céder sa société pour l’euro symbolique…)
Comme dans l’immobilier, le plus difficile est de trouver le juste prix ! Le vendeur en veut un maximum et l’acheteur est prêt à mettre le minimum… Donc le fait d’évoluer quand ça marche, donner une chance à son « bébé », pour des raisons de santé, de retraite, de séparation,etc… il y a de nombreuses raisons pour vendre parfois aussi nombreuses que pour acheter : croissance externe, réinvestir pour payer moins d’impôts, travailler de chez soi, ne plus avoir de « patron » sur le dos ( le patron est remplacé par les impôts, le RSI, etc…)
La plus mauvaise des raisons est l’envie d’être riche !!! Sur le nombre de e-commerçants en France, les millionnaires ou autres sont des exceptions. Votre salaire doit être celui de la liberté, la liberté de travailler pour vous ! Même si certain se verse des rémunérations importantes, après les impôts et le RSI, il ne vous reste plus grand chose à la fin…surtout ne pas calculer son salaire horaire, car les 35H se font en 3 jours et personnellement, le week-end qui commence vendredi midi ou à 16H c’est terminé… Quand j’ai crée mon site en 2006, j’ai pris deux semaines de vacances en 3 ans, pas de RTT ni de maladie même si depuis l’année dernière nous prenons deux semaines par an…
Si vous souhaitez vous lancer, le premier salaire est surtout le fait de réussir, de créer et/ou de développer votre entreprise. Se fixer des objectifs, être motivé car vous êtes seul face à votre écran. Quand on n’a pas d’expérience dans le domaine, il faut du temps pour apprendre et la reprise d’un site peut vous faire gagner du temps dans ce domaine également. C’est un peu comme passer par une franchise quand on est pas commerçant de naissance, bénéficier de l’expérience du réseau/de la franchise. Avoir la bonne idée, développer/fabriquer un excellent produit c’est l’idéal, savoir le vendre, développer le réseau de distribution c’est la clef, faut-il encore pouvoir le faire. Pouvoir en vivre, et même avec les compétences, rien ne se fait en quelques jours.
Il faut donc se poser les bonnes questions avant de se lancer, de créer son site ou d’en acheter un : Suis je motivé pour travailler plusieurs mois ( voir année si création) avant de récolter le fruit de mon travail ( si je récolte…) Vais je avoir les moyens de subvenir à mes besoins pour me loger, manger… Puis je risquer mes économies pour investir dans le site et développer l’offre ? Travailler 60 à 80 heures par semaine pendant plusieurs mois avant de se dégager un salaire, est-ce possible ? Est-ce que je peux apporter quelque chose qui va me différencier de la concurrence ? en d’autres termes, est-ce que je vais pouvoir améliorer le service, les produits par rapport à ce qui existe aujourd’hui ou suis je condamné à me battre contre des grandes entreprises, qui cassent les prix et leurs marges à coup de promos qui ont comme unique objectif de tuer la concurrence pour être le leader dans le domaine ? Ce qui dans le métier est nommé un « pure player » celui qui lève des millions d’euros pour acquérir la clientèle, qui réalise des millions d’euros de chiffre d’affaire et qui au final est en perte chaque année, pendant 4 à 5 ans, ou la seule solution pour sauver le site est une nouvelle levée de fonds… avec des bénéfices la 6eme ou 7eme année d’exercice.
Personnellement je préfère travailler sans la pression des actionnaires, commencer comme le petit ruisseau qui coule, qui contourne les obstacles, qui met également du temps pour se développer, mon objectif n’est pas de devenir un fleuve pour alimenter l’océan, mais déjà une rivière importante serait une sacré récompense. Car mon plus beau salaire n’est pas de lever des millions d’euros, mais bien récolter le fruit d’un travail de tout les jours, se battre sur chaque commande, avoir les idées pour développer le site et réussir. C’est long, mais comme dit le proverbe c’est bon ! Sur ces bonnes paroles, je vous laisse jusqu’au prochain article ou commentaire, c’est bientôt Noël… Et les commandes tombent ( pas la neige…) Sur novembre 2011, nous avons avec Jolidragon une croissance de 15% par rapport à novembre 2010, bon c’est pas le pérou non plus, mais petit à petit nous avançons à notre rythme et 2012 sera la 3ème année pour Jolidragon… Je vous laisse depuis plusieurs jours, c’est le mode « cadeaux de Noël » qui est fast and furious en terme de commandes
